Le ridicule tue toujours

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Rien de méchant, mais nous ne pouvons retenir notre colère. Allons-y. Voilà un temps, qu’une pluiede superlatifs inonde certaines figures médiatiques. Nous en avions eu notre dose et ça commencevraiment à bien faire: « Samir El Wafi, meilleur journaliste au monde!!! »1, « Borhane Bsaïess,Seigneur des débats!!! 2», « Ghassen Ben Jeddou, le grand journaliste3 »!!! « Olfa Youssef, vousêtes l’espoir de l’Islam4!!! »… Et autres arcs de triomphes…Que se passe-t-il? Soyons sérieux, uneminute!! Les absolutismes, ça nous connaît, depuis le « combattant suprême »!!! Alors, alors!!!

Absolutisme
Les superlatifs clownesques grandissant nos trois journalistes et notre chercheuse, relèvent toutbonnement de l’absolutisme. Or, comme tout autre absolutisme, celui-ci exprime l’excitationexubérante qui fonde un culte, fût-ce de la personnalité. Elle extrapole un affect instantané surl’infinie diversité des situations et présument de l’omnipotence d’un personnage tout à faitordinaire!!! Ces épanchements, l’on ne vous apprend rien, n’atteignent pas au jugement. Au regardde la rationalité, ils offrent certes une occasion d’ « écouter son coeur » point de le suivreaveuglément!!!

Hypothèse politique
Mais alors est-ce uniquement des épanchements?! La concordance et la similitude de ces
«aveuglements volontaires », nous font dire que non. Une hypothèse politique pourrait en être avancée: les superlatifs sont plutôt conscients et tiennent de l’art -arabe- de la louange « al mad’h »,un mensonge poétique tout simplement. Ils servent une fin préméditée: se rappeler au souvenir despersonnes encensées, ou lever des boucliers idéologiques (applaudir « à l’automate »tout ce quiaffaiblit le camp adverse, massivement et sans nuance)!!!Nos encenseurs savent très bien que des millions de journalistes renverraient, d’un seul entrefilet, Samir Wafi à ses chères études, lui qui confond comme en maternelle, provocation et témérité,brutalité et audace, vulgarité et répartie . Ils savent pertinemment que les débats ne sont ni unediscipline intellectuelle, ni une fin en soi, pour que Borhane Bsaïess en soit seigneur ou serviteur,comme ils mesurent l’effort tout à fait louable, sans être exceptionnel ni terriblement novateurqu’abat Olfa Youssef5! (il ne s’agit ni de Abed Jabri, ni de Mohamed Arkoun! Ce n’est tout de même
pas Hichem Jaïet!!!)

Même pas ça!
Ce n’est même pas ça. Devant, la mièvrerie et le grotesque des louanges ci-haut citées, notre hypothèse politique se révèle trop ambitieuse. Trop relevée. Elle est surtout partiale et un peu scolaire. Sans trop nous prendre au sérieux, nous penchons plutôt vers une hypothèse pernicieuse : où se mêlent aveuglement, politique et inculture!!!. Autrement comment oser écrire « Borhane, le seigneur des débats ou élever si haut un journaliste médiocre comme Si Wafi »?!! En tout état de cause, nos « âmes justes » (disait Flaubert) ne devaient jamais laisser passer ces horreurs ordinaires….

Jamel HENI
Psychologue, Paris
1 Une page entière sur facebook!!!
2 Ala Chabbi, ancien animateur de l’émission « hadha ana » sur Hannibal Tv, présenta B. Bsaïess dans ces termes
3 Ceci figure au chapeau de l’interview par le journaliste à Hiwar.net
4 Commentaire de Tark Ibn Ziad (pseudo) sur le « mur » de facebook dédié à Olfa Youssef
5 Je suis signataire de la pétition qui défend Olfa Youssef avec d’autre plumes, au nom de la liberté d’expression, ce
qui n’interdit guère de discuter cette même expression une fois défendue, au contraire

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