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Euro 2008 (L’Expression de Tunisie) 04/07/2008

Samedi 9 août 2008

Football cherche attaquants

La vérité forte de cette euro est qu’on nous a menti. Longtemps. L’on nous a bien enfoncé dans la tête qu’il existe un football défensif, un système de jeu proprement « pare balles ». Jouer à l’arrière avec des avants et des arrières derrière. Des charrues et des charrues, sans bœufs. Quatre-cinq-un et autre bouts de pieds. L’on a même réussi à faire du football ennuyeux d’Italiens en mal d’attaque, aux dires même de leurs coaches1, l’on a réussi à faire de ce manque au foot, un style de jeu! A l’italienne, dit-on pour étaler la Mayo. Et celle-ci prend bien. Nous avions fini par nous convaincre que la défense est une vraie option. Et nous l’avions payé cash. Roger Lemerre aidant, l’on a développé l’anti-jeu, empêché les autres de jouer, formé les meilleurs pivots de l’Afrique qui prennent les maillots de ses meilleurs attaquants. Trois pivots contre Le Burkina et qui plus est à Tunis…Plus poltron, plus bête que ça, tu meurs!

 

 

 

 

 

Il n’y a pas de foot défensif

Il n’y a pas de système de jeu défensif. C’est une grosse arnaque. L’absence d’attaque est une carence nullement un choix. Qu’on ne nous fasse pas avaler la pilule de la peur comme méthode. La peur c’est la peur. Il n’y a rien de courageux dedans, rien de noble. A défaut d’attaque, une attaque lumineuse, inspirée, à la bagarre, l’ « attaque offensive », l’on se replie à sa surface en chantant les louanges de la prudence. Au prétexte réaliste. Du réalisme sans attaque. Nous passons pour de vrais rigolos. Y a t-il plus réaliste qu’un attaquant pour marquer!

Que ce soit clair, attaquer ce n’est pas se déchaîner, fourmiller dans la surface adverse. Attaquer c’est vouloir marquer des buts et tout faire pour. Défendre, contre-attaquer et tirer au but, tant de fois, sans relâche, jusqu’au bout. Ce n’est pas le job d’un pivot, ce n’est point réaliste…

 

Le riche foot des pauvres

Ceux qui ont suivi la dernière Euro, l’auront remarqué. Rien ne ressemble au foot technique des Espagnols que le foot efficace des ibériques! L’opposition n’existe que dans les commentaires des perdants. Après-coup. Le foot se joue devant. Prends le ballon et mets-le au filet. Mais entre temps fais-toi plaisir. C’est ça le foot. Du plaisir à jouer. A mettre un joli but. L’idée du « résultat avant », est une ruse de coach et autre président de club. Ils lorgnent au palmarès. Ils s’en fichent si l’on a bien joué, passé un bon moment, une sale après-midi. La manière est le dernier de leurs soucis. Ce n’est pas le « but »! Nous n’avons pas les mêmes échéances. Nous aimons le foot pour les beaux dribbles et c’est tout ce qu’ils détestent. A eux les penalties, à nous les virgules et amortis sur ligne. Prenez, sieurs vos titres et rentrez, laissez-nous une balle au montant, la chevauchée historique du petit Maradonna contre l’Angleterre, le retourné de Zidane au barça, et puis la plastique de Tarek Dhiab conte Zaki, le sublime coup de Harguel à 35 mètres…Nous sommes preneurs. Remarquez que ce sont tous de beaux buts, une anthologie réaliste, le legs de l’attaque à défendre.

Le foot s’est appauvri derrière le capital. Le foot des pauvres comme le fils du pauvre, a existé. Et c’était une merveille. Le foot des riches, nous la joue pauvre. Pas à nous pauvre public qui ne gagne rien d’un mach riche…La preuve par Torrez, en finale à Vienne. Quel réalisme.

 

Jamel HENI

 

1Lippi s’est longtemps plaint de l’absence de grands attaquant à la Baggio, lors de la dernière coupe du monde.