Archive de la catégorie ‘politique’

إحياء علوم السياسة : المعارضة التونسية نموذجا

Jeudi 25 août 2011

 

(suite…)

Le feu du trône et le charbon voisin…

Mardi 13 octobre 2009

Nous n’avons pas la prétention de donner des leçons aux militants tunisiens. Le king de la révolution et le préposé aux ragots sont passés par-là (ils se reconnaîtront et comme toujours ne voudront rien entendre et comme toujours s’en tireront à bon compte !). Qu’ils continuent leur bonhomme de chemin dans le mûr, nous en savons d’autres sentiers sinueux : ceux du labeur collectif, permanent, responsable et « âpre » au droit.
Notre ambition est de débattre le plus gentiment du monde avec nos frères aînés, chefs de files de l’opposition. Nous débattrons des élections.
Alors que les ardeurs électives des uns retombent comme un soufflet, que le boycot et la faucille sans marteau des autres se valent. Nous posons une question candide. Que faire sinon. Que faire tout court ?

De haut vers bas
Dans son joli livre « projet de paix perpétuelle », le philosophe allemand Emmanuel Kant, éprouve le besoin de dissuader d’une fausse bonne idée : une idée voulant que l’action politique commence par le haut ?!! Et si elle commençait par le bas, notre action politique ?!! Localement. Dans une mairie, au conseil municipal par exemple. Nous admirons d’emblée. Ce n’est pas dans la nature autocratique ni aristocratique de s’affaiblir publiquement et sur l’essentiel : le pouvoir exécutif : le palais et le Parlement. L’on ne démocratise pas à domicile. A vue d’œil. La cour et ses enceintes immédiates, ses enceintes poreuses. Non, pas ça dans une autocratie. Maintenant, il existe quelques « omissions »: là où le pouvoir ne court pas le risque d’une contagion contestataire, là où les frontières locales sont étanches, où la souveraineté communale semblerait indépendante du joug national, là, sur les questions purement « municipales » de voierie, d’organisation urbaine, de cadastre…là, l’autocratie se déleste volontiers de vétilles, condescendante ou peut-être méprisante !!
Cadastre ou urbanisme local, c’est tout ce que tu nous souhaites, rétorquerons coup sur coup certains !! Soit. Ce qui vous paraît avec raison pacotilles, rebuts, miettes régaliennes, au regard de la politique, me semble une énorme chance au regard de l’histoire. Pourquoi ?
Pour paraphraser si Mustapha Ben Jaafar , un homme courtois avec qui l’on peut discuter : exiger de l’opposition des propositions immédiatement gouvernantes, relève tout simplement de l’imaginaire. Répondant à une fausse interrogation qui porte en elle-même sa narquoise équivoque, il ne croyais pas si bien dire. L’opposition tunisienne ne peut présenter un programme pour des raisons objectives : un programme suppose des données et un budget. Les premières demeurent inconnues ou invérifiables (sauf pour des sources autorisées !!). Le second est en conséquence du beau songe !

Du bas vers le haut
Alors comment faire un bout de chemin vers les « sources » ! Eh bien, cela s’apprend. Mais pas d’emblée dans la cour, ni dans le Parlement. Cela s’apprend à la source, un étage plus bas. Précisément dans un conseil municipal, dans un syndicat…Laissons de côté ce dernier. Il relève d’une organisation plus sectorielle et moins collective qu’une commune. Siéger au conseil municipal, dans sa propre mairie, nous évite déjà la moitié du chemin vers des données fiables : les statistiques sont moins difficiles à tenir, moins opaques, les élus se connaissent comme larrons en foire et la traçabilité cironscrite. On connaît mieux sa ville, on connaît son histoire, ses bosses et ses chalets. On y est moins dupe, plus teigneux sur les « chiffres» !!! Lapalissades ! Dans les faits sûrement, mais pas dans les ambitions de certains militants qui ne se voient pas retomber bien bas !!! Ont-ils fait trente quarante ans de politique pour si peu !!!
Ce n’est pas l’avis de milliers d’autres hommes politiques européens américains asiatiques latinos voire africains, qui reprennent leurs classes communales au lendemain d’un passage ministériel !! Aux anges, ils repartent à zéro comme de férus novices, ils font du porte à porte, ils distribuent des tracts, ils parlotent à la ménagère et au médecin !!!!
Si les appétits citoyens de se prendre en charge et de servir sa société sont plus forts que leurs légitimes appétits gouvernants (parlementaires ou présidentiels), une hypothèse communale plausible ici et maintenant, aurait plus d’adeptes, prêts à aller au charbon voisin. Mes amitiés les plus sincères.

Jamel HENI
Psychologue

Politique Tunisie (L’Expression de Tunisie) 14/06/2008

Samedi 9 août 2008

Point de vue: Dialogue avec les jeunes

 

 

Le pays parle à sa jeunesse. Le pays moins jeune, comprenez. Les aînés ont décidé de passer la parole au jeune sang et autres petits rebelles. Voici comment ça marche. Se réunir, laisser dire, noter, conclure, puis s’en aller, le carton chaud. Un hangar de cartons, il doit y en avoir… Le débat peut toujours avoir lieu, l’après-débat, un non-lieu. C’est ce que l’on craint. Cela relève des compétences des moins jeunes qui, clôturant le débat, disent le mot de la fin avant que leurs cadets débatteurs ne ferment la salle!

Moi, encore jeune, je coupe la parole et vous dis: débattez comme vous voulez, mais décidons ensemble. Les jeunes, du moins ceux que je connais, veulent toujours débattre, mais ils souhaitent surtout décider. Certains même veulent décider du moment et des thèmes, des lieux aussi. Sans parler des pires, qui fixeront eux-mêmes le rendez-vous. Des ratés qui s’y rendront sans invitation. Et des oubliés qui viendront vous voir en dehors des heures d’«ouverture».

Auparavant, ceux-là, tous ou partie, auront débattu entre eux. Leur débat coupé par d’encombrants aînés, ils ne débattront plus qu’en leur présence. Alors débattons.

En politique comme en théâtre, les jeunes regardent débattre les vieux. Acclament et attendent que l’heure arrive. Ils ont du respect pour l’heure, eux. Mais l’heure qui ne respecte rien ne vient pas. Elle a un empêchement: personne pour l’accompagner!

En politique comme en théâtre, l’âge moyen des responsables est de 50 ans, s’ils l’acceptent. D’éternels nouveaux théâtres, d’éternels nouveaux partis… Ils débattent en éternels nouveaux théâtres, en nouveaux partis chroniques. Or débattre avec l’Éternel?

Fadhel Jaïbi est depuis quarante ans le «nouveau théâtre», le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, héritier du Parti socialiste destourien, PSD) est, depuis l’indépendance, le théâtre du nouveau. Il y a aussi le nouveau théâtre du théâtre du nouveau. Et du ‘‘Renouveau’’.

Fadhel Jaïbi s’est fendu de ‘‘Khamsoûn’’. Il y pleure à sa gauche, rit jaune à sa droite. Oh vieille Tunisie, qui rajeunit mal! Les jeunes, «pour le moment», ne sont pas à la hauteur des jeunes pour toujours. Ils sont mal formés, mal fagotés, mal conçus. Leurs choix sont pis-aller. Le 11-Septembre, Gorbatchev, Abou Ghareib, Jénine, les caricatures danoises… ne changent rien au surmoi marxiste, à la lutte des classes entre bourgeois! Alors, les jeunes et leurs critiques: cacahuètes mal grillées! Qu’ont-ils à lui dire ? Son théâtre est nouveau une fois pour toutes, tout autre nouveau théâtre est usurpation. Tuer le père et le fils. Jaïbi l’éternel.

Le RCD, le rouge RCD change d’adresse. Il est désormais entouré de vitre et de tires. Il a toute la vie devant lui. Ses jeunes, fils de «nouveaux jeunes cadres réélus», ont les bureaux qu’ils souhaitent, à côté des vieux. Ils dissertent, proposent, voyagent et se reposent. Pendant ce temps, le bureau politique travaille à l’unique question qui vaille: le chômage des seniors. Depuis cinquante ans, il y travaille, et l’on connaît le résultat: le terrain du chômage est désormais libre pour les jeunes.

Le RCD à la jeunesse: «tu es l’espoir». L’espoir du parti pour durer et durer. Or si l’espoir des seniors dure, c’est sans espoir pour la jeunesse!

Non ‘‘Sidi El Fadhel’’, il y a un autre «nouveau théâtre», de nouvelles hypothèses et non seulement les vieux parchemins de la chapelle dialectique, sur la Tunisie des ‘‘Khamsûn’’; il y a de nouveaux réacs et des réacs qui s’ignorent dans les tiroirs du capital où ils croient cacher leur prime conscience prolo. Certains «pratiquants» sont aussi des prolos et certains athées des pourris féodaux. La lutte est ailleurs, peut-être, un artiste, ça se pose quelques questions, ça ne pose pas que des réponses!

Non RCD, les seniors ont fait leur temps et les nouveaux locaux ne font pas de nouvelles idées. Les jeunes ne sont l’espoir du parti qu’à l’unique fin d’être jeunes élus, par et pour beaucoup de jeunes votants. Et puis il faut penser aux jeunes partis qui ont une jeunesse sans locaux, mais avec beaucoup d’idées nouvelles. A moins que le débat ne soit pas avec elle, mais ça n’est pas ce qu’on a entendu. Je vous rends la parole.

Jamel Héni